
Ce livre est une version revue et augmentée de la maquette originale de Cikáni ("Tziganes" en
langue tchèque) de Josef Koudelka, mise au point en 1968 par l'auteur et le graphiste Milan
Kopřiva. Destiné à paraître à Prague en 1970, l'ouvrage ne fut jamais publié sous cette forme originale, Koudelka ayant quitté la Tchécoslovaquie en cette même année après avoir largement
témoigné de l'invasion de Prague par les forces soviétiques en août 1968.
Arrivé à Paris, Koudelka se remit au travail, avec l'éditeur Robert Delpire, sur un autre livre
consacré à ses photos de Tsiganes, comportant soixante photographies prises pour l'essentie
dans divers campements de Roms dans l'est de la Slovaquie entre 1962 et 1968. C'est ce livre
qui parut chez Delpire Editeur en 1975 sous le titre Gitans, la fin du voyage et chez Aperture aux
Etats-Unis sous le titre Gypsies, sans compter une édition spéciale réalisée pour le MoMA de
New York. Il reste un ouvrage de référence du XX siècle.
Cette version étendue présente 109 photos prises entre 1962 et 1971 dans la Tchécoslovaquie
d'alors (soit en Bohême, Moravie et Slovaquie), en Roumanie, Hongrie, France et Espagne. Du
titre original a été conservée la dénomination "Gitans", remplacée depuis lors dans l'usage
courant par le mot "Roms".
Le sociologue Will Guy, auteur du texte de la première publication de Gitans, la fin du voyage,
a donné une version revue de son essai, retraçant les migrations des Roms depuis leur foyer
originel dans le nord de l'Inde jusqu'à leur statut actuel, qui demeure contesté en plusieurs pays. 
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Koudelka GITANTS

109 Photographies sur papier non couché.
Textes français de Will Guy et Robert Delpire
192 pages
24 x 32 cm
ISBN : 978-2-85107-258-0
55 €
Octobre 2011 |
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Depuis que l'édition existe, les rapports entre auteur et éditeur ont été souvent délicats
voire conflictuels. Même si leur collaboration est basée sur un respect mutuel assorti
parfois d'une solide amitié. Comme c'est le cas entre Josef Koudelka, qui est à l'évidence
l'un des photographes les plus talentueux de sa génération, et l'éditeur que je suis.
Je me souviens très précisément du coup de téléphone par lequel Henri Cartier-Bresson
me conseillait de rencontrer un jeune photographe tchèque qui avait fui le régime
de son pays après l'événement du Printemps de Prague. J'ai suivi le conseil d'Henri,
apprécié le travail présenté et décidé, vite convaincu de sa qualité, de le publier sous le
titre Gitans, la fin du voyage. Après de multiples variations de format et de mise en page,
faites et discutées en commun, le livre a existé à notre satisfaction réciproque.
Il a reçu le prix Nadar en 1978.
Puis, nous n'avons cessé de travailler ensemble. Exils, Chaos, Maestro, des expositions…
La notoriété de Josef Koudelka s'est développée, vite, jusqu'à ce niveau international
qu'il connaît aujourd'hui.
Josef parlait déjà souvent d'une suite aux Gitans qu'il voulait enrichir de photos de
Roumanie, de Hongrie. Puis il m'a dit, à mon étonnement, qu'il voulait faire ce "Gitans II" à son idée, sans moi. Fort de ses convictions et de ses envies, comme il l'a toujours été.
Voici donc Gitans auquel je n'ai pas collaboré. J'ai décidé d'en publier la version française,
bien que je n'aie pas l'habitude d'éditer un ouvrage pour lequel je n'ai participé ni au
choix des images, ni à la maquette, ni à la production.
Mais j'assume ces Gitans dans la forme qu'a voulue Josef. Conscient d'être fidèle
à notre vieille amitié et à un principe qui a été le mien durant ma carrière d'éditeur,
soucieux de laisser l'auteur libre de sa volonté d'expression et de ses intentions.
Robert Delpire
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