Biographie

A 23 ans, il crée Neuf, une revue d'art destinée aux médecins. Il y réunit André Breton et Prévert, Miller et Picasso, Michaux et Sartre.
Editeur, il publie dès le début des années 1950 les œuvres de Cartier-Bresson, Brassaï, Doisneau, Lartigue, Bischof, etc.

En 1958, Les Americains de Robert Frank sont considérés comme une véritable novation.

Médaille d'or des arts graphiques, Robert Delpire remporte plusieurs fois le prix Nadar et crée en 1955 la formule visuelle de la revue L'Œil dont il assurera, huit années durant, la direction artistique.

Il ouvre en 1963 une galerie où seront exposés — souvent pour la première fois en Europe — les plus grands noms de la photographie (de Smith à Koudelka, de Kühn à Sander, de Michals à Bourdin), de l'illustration et du graphisme (d'André François à Savignac, de Le Foll à Lubalin, de Glaser à Blechman).

Il crée au début des années 1960 une agence de publicité qui traite, au sein du groupe Advico, de nombreux budgets internationaux.

Directeur de création, Robert Delpire a reçu deux fois le Grand Prix de la publicité (en 1968 pour la BNP et en 1975 pour Citroën).

Producteur de films (Corps profond, de Lalou et Barrère, un classique du court-métrage ; Cassius le Grand et Qui êtes-vous Polly Magoo de William Klein, prix Jean Vigo 1967), Robert Delpire réalise de nombreux films publicitaires et, pour la télévision, une œuvre d'Henri Cartier-Bresson.

Robert Delpire travaille régulièrement pour les musées en France et à l'étranger (aux Arts décoratifs : Henri Cartier-Bresson en 1955 et 1965, Lartigue en 1975 ; au Grand Palais en 1976 : L'Egypte au temps de Flaubert ; à Beaubourg en 1977 : Marey ; au Musée d'Art Moderne en 1979 : Henri Cartier-Bresson).

En collaboration avec l'International Center of Photography de New York, il organise en 1980 la grande rétrospective d'Henri Cartier-Bresson qui circulera durant plusieurs années dans les principaux musées du monde entier.

En juillet 1982, il est placé par Jack Lang, ministre de la Culture, à la tête du Centre national de la photographie. Il y crée et publie Photo Poche, la première collection de livres de poche consacrés à la photographie, réalise des émissions de télévision (Une minute pour une image, Contacts), des films (Les années-déclics de Raymond Depardon). Le Centre national de la photographie présente, sous sa direction, plus de cent cinquante expositions thématiques (Identités, Botanica, Vanités, etc.) ou monographiques (Irving Penn, Robert Frank, William Klein, etc.) qui circulent à travers le monde. Ces activités correspondent à la vocation même du Centre national de la photographie : l'aide à la création et la diffusion de la photographie.

En 1996, il démissionne du Centre national et signe un accord de coproduction et de distribution avec les éditions Nathan qui rachètent Photo Poche, devenue la collection de livres photographiques la plus vendue dans le monde et dont Robert Delpire conserve la direction. Un important programme de publications (Maestro, Essentiellement, Naturalia) concrétise cette collaboration.

Directeur artistique de la galerie Fait & Cause spécialisée dans les sujets sociaux (Jacob Riis, Atwood, Doisneau, entre autres), il organise et met en forme des expositions pour les grands musées (Sao Paulo, Palais des expositions à Rome, musées d'Helsinki, du Luxembourg à Paris où La Terre vue du ciel remporte un succès sans précédent dans l'histoire de la photographie). La dernière en date est la rétrospective complète d'Henri Cartier-Bresson présentée à la Bibliothèque nationale de France en 2003, qui circule dans les grands musées d'Europe et d'Amérique.

Une exposition rétrospective de sa carrière eut lieu en 2009 aux Rencontres internationales de la photographie d'Arles et à la Maison européenne de la photographie à Paris.

Robert Delpire est commandeur des arts et lettres.

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