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Honoré Daumier Introduction par Jean Lacouture 19 x 12,5 cm à la française 12 € ISBN : 978-2-85107-234-4 Poche Illustrateur
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Pourquoi faut-il que nous l’aimions tant, cet Honoré de Marseille, au crayon si agile que Baudelaire le comparait à ceux de Delacroix et d’Ingres, ce “Daumier au visage éclatant de force et de bonté, petits yeux perçants, nez retroussé comme par un coup de vent de l’idéal, la bouche fine, gracieuse” tel que l’a vu son ami Banville et saisi, le poil blanchi, le grand photographe Emile Carjat, rival de Nadar ? S’il nous parle si bien, surgi des Misérables plutôt que de La Comédie humaine, le cœur battant, la main souveraine, le rire au bord des larmes, c’est parce qu’il nous apparaît entre tous comme le citoyen de son siècle, s’élançant vers le nôtre. Intrépide face au pouvoir et jusqu’à l’insolence, mais solidaire de toutes les souffrances. Passion pour la justice, compassion avec les vaincus. Daumier ne ricane pas, il rit et proteste, solidaire. Féroce, Daumier ? Plus souvent fraternel, solidaire, peignant ces lourdes femmes harassées de tâches excessives, ces épaves humaines affaissées au fond d’une ruelle, ces voyageurs entassés dans les traîne-charettes du temps de M. Thiers, ces gestes de mères et de pères si tendrement passionnés (…) Michelet, qui fut son ami, saluait en Honoré Daumier “le citoyen exemplaire”. Gaëtan Picon, lui, voyait en lui l’auteur d' “une comédie humaine non moins géniale que l’autre, plus âpre encore”… Objectera-t-on à l’auteur de Naissance de la peinture moderne que le projet de l’Honoré de Marseille n’a pas l’ampleur phénoménale de celui de Balzac ? Mais s’il fallait choisir parmi la pléiade des maîtres qui firent du XIXe siècle français un moment essentiel du procès fait à l’homme par l’homme (ce que Valéry appelle “le jugement avant-dernier”), on pourrait choisir Daumier comme le témoin capital, celui qui a vu, protesté, exigé la justice sans se prendre pour le bourreau. Jean Lacouture
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