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Préface de Robert Delpire. 158 photographies en noir et blanc 60 € ISBN : 2-85107-226-9 |
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(...) De la première à la dernière heure du jour, Josef Koudelka traque la lumière comme une bête en traque une autre. De là sa force d’invasion et de concentration, sa redoutable capacité de frappe. Contrairement à ce qu’il pense quand il affirme : “Il existe de grandes photos, il n’existe pas de grands photographes”, je pense pour ma part, qu’il existe quelques créateurs parmi les photographes et qu’il en est un. Car ce n’est pas seulement de “grandes photos” qu’il s’agit ici, mais d’un monde en soi. Un monde obsessionnel et onirique qui ne se compare qu’à lui-même. Une vision aussi tragique que féerique. Intemporelle, minérale, hantée par l’enfance. Un accord fulgurant entre géologie et métaphysique. Une épopée : la vie en route vers la mort et la mort figée par la beauté. Dominique Eddé
(...) le panoramique pourrait devenir un procédé. Or Koudelka ne cesse d’expérimenter. Il confronte les images les unes aux autres en les montrant à l’intérieur de triptyques verticaux ou dans des compositions qui font rimer vertical et horizontal comme l’abscisse et l’ordonné d’une mise au carreau du monde dont le résultat est un rétablissement visuel inédit. Pour saisir cette matière en mouvement, travaillée, déplacée, érodée, meurtrie ou explosée, Josef Koudelka “tire des bords”, s’essaye à de puissantes angulations qui semblent vouloir paradoxalement restreindre un monde dont l’expansion a l’air illimitée. Parfois cette contrainte s’exerce à l’extrême, au point que la tension est palpable, parfois, au contraire, une douceur inquiètante envahit l’image. C’est le cas dans ce paysage grec où un arbre-pustule, au milieu d’une plaine couverte de neige à la lisière d’une forêt passée au chiffon d’un dégradé d’encre brune, évoque un repère presque humain dans un monde livré au chaos.
Gilles A. Tiberghien
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